Une terminale scientifique sans Histoire ?

Publié le par Jeannot LaTruffe

 


5a3d9152-d498-11de-8494-b0a1e8ab8258Rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale scientifique (S)! La proposition du ministère fait réagir les historiens et les universitaires.


 Le 19 novembre dernier, le ministre de l’éducation Luc Chatel a présenté sa réforme du lycée au salon européen de l’Education. Ce projet, censé rééquilibrer les filières générales en les spécialisant comportera trois objectifs principaux : « une orientation progressive, un lycée qui favorise l’apprentissage des langues étrangères, l’accès à la culture et la responsabilité des lycéens », affirme le ministre.

 

En ce qui concerne l'histoire-géographie, la série scientifique représente plus que jamais la voie royale en raison de sa polyvalence. Elle a un programme complet et elle donne accès à de nombreux  débouchés ( prépas scientifiques, sciences Po, prépas littéraires).  


Luc Chatel justifie cependant sa décision. Cette série doit être recentrée sur les sciences.

"La suppression de l'histoire répartira mieux la charge de travail entre la 1ère et la terminale pour que les élèves puissent se consacrer sur leur matière de spécialisation pendant l'année du bac."


Sachant que les élèves de 1ère S auront 4h d’histoire-géographie, la matière sera tout de même optionnelle en terminale. Mais ces arguments ne sont pas suffisants pour calmer les universitaires et les historiens qui comptent bien faire entendre leur désaccord.

 

 La fin de la loi des séries?

 

 Même si le projet sera revu par le conseil supérieur de l’éducation (CSE), cet organisme est purement consultatif, et à priori, il ne devrait pas modifier les plans de Luc Chatel. Malgré la pétition lancée et la manifestation qui s'est tenue aujourd'hui, ce dernier semble bien décidé à aller au bout de son projet.

 

Ce n'est pas la première fois que le ministère de l'éducation nationale tente de réformer le lycée. Chose pas facile. A chaque fois, les soulèvements des lycéens et les mécontentements des professeurs ont obligé les ministres à abandonner leur projet. Cela a été le cas en 2008  lorsque Xavier Darcos a tenté de remodeler la classe de seconde. Tous les élèves devaient avoir des matières de troncs communs (dont l'histoire-géographie) et l'année scolaire devait être découpée en deux semestres au lieu des trois trimestres.

 
Alors que la France débat sur l'identité nationale, il semblerait que le moment soit mal choisi pour supprimer l'histoire-géographie, quelle que soit la série.

 

 

 

 

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