Royal, Bayrou... Rupture, politique et séduction

Publié le par Mathieu OLIVIER, étudiant en journalisme

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En politique, il en est parfois comme en amour. Les histoires d'alliance tourmentée, de couples infernaux et de ruptures ne manquent pas. Ségolène Royal le sait bien. François Bayrou a une nouvelle fois rejeté sa main tendue pour les élections régionales. Et ce n'est pas la première fois...

C'est ce qu'on appelle une histoire tourmentée. Ségolène Royal avait pourtant fait le premier pas en proposant une alliance à François Bayrou samedi dernier. Objectif : proposer des listes mixtes pour le premier  tour des régionales en Poitou-Charentes, le fief "royaliste". Une tentative de séduction en bonne et dûe forme :

"Je suis prête à rencontrer le président du Modem François Bayrou pour faire de la région Poitou-Charentes un laboratoire du rassemblement, des altermondialistes au MoDem".

Mieux, l'ex-candidate à la présidentielle avait offert cinq places éligibles au parti centriste. Un cadeau de noces en quelque sorte. Mais une promesse qui n'a pas suffi. Le couple Royal - Bayrou ne se fera pas, même au niveau local. François Bayrou s'en expliquait à lundi au micro d'Europe 1 :

"Les adhérents et militants du MoDem de Poitou-Charentes ont délibéré avec les autres, et à l'unanimité ils ont dit : 'notre présence au premier tour de ces élections ne se discute pas, parce qu'on a besoin de dire des choses qui, pour l'instant, ne sont pas dites dans la vie politique française'"


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Un refus cinglant. Qui n'est pas sans en rappeler d'autres. Notamment un soir de mai 2007, entre les deux tours de l'élection présidentielle. François Bayrou avait alors refuser de s'aligner aux côtés de la candidate pour affronter Nicolas Sarkozy au second tour. Il était au sommet de sa popularité et surfait sur son score au premier de la présidentielle. Un vrai tombeur. Et si de l'eau a coulé sous les ponts, les avis, les enjeux et les acteurs n'ont pas changé. Mais Ségolène avouait chez nos confrères de France Info qu'elle n'envisageait pas d'abandonner :

"Vous me connaissez je suis obstinée (...) Quand une cause est juste il faut tenir bon"

Royal - Bayrou, c'est possible ?

Le couple semble donc loin de se former. Le modem préfère vivre sous "ses propres couleurs', et le PS ne semble pas attiré par le centre. Seules quelques figures continuent d'oeuvrer à cette union. Michel Rocard l'avait appelée des ces voeux, Vincent Peillon semble séduit et Ségolène Royal n'abandonne pas. Mais le reste de la famille semble bien peu enclin à assister aux noces.

Y a-t-il encore un espoir pour François et Ségolène ? On peut l'imaginer. Pour le Modem, les régionales s'annoncent d'ores et déjà comme un échec. Qu'importe, l'objectif principal reste l'élection présidentielle de 2012. Et François Bayrou n'a qu'un objectif : le rassemblement autour de sa candidature. Pour pouvoir devancer les socialistes. C'est bien là que le bât blesse.

Chacun, au PS comme au Modem, a compris que la victoire en 2012 passait par la constitution d'un grand arc allant des écologistes au centristes en passant par les socialistes. Mais les stratégies divergent. François Bayrou ne se contentera pas d'un rôle subalterne. Martine Aubry tente de gérer la gauche du parti, hostile à une alliance au centre. Et Ségolène Royal s'imagine comme la pionnière du rassemblement.

S'il est donc difficile d'exclure l'hypothèse d'un mariage de circonstance entre Royal et Bayrou, voire entre socialistes et centristes au sens large, le problème du chef demeure. Et dans les familles recomposées, il reste toujours à définir qui va représenter l'"autorité".



Photo : AFP - Dominique FAGET

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