La presse française et les libertés de pression

Publié le par Jeannot LaTruffe

rsf.jpgLa France passe de la trente-cinquième place à la quarante-troisième place selon le classement mondial de la liberté de la presse, publié le mardi 20 octobre dernier par Reporters Sans Frontière. Pour l’association, la loi Hadopi est une des causes de cette rétrogradation.

 

Selon le classement annuel mondial de la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontière (RSF) la France pointe à la 43ème position et perd ainsi huit places. Derrière le Surinam et juste devant le Cap-Vert, RSF note que «le pays des droits de l’Homme» « se fait distancer par de jeunes démocraties africaines (Mali, Afrique du Sud, Ghana) ou latino-américaines (Uruguay, Trinidad et Tobago) ». Si la France végète dans le ventre mou d’un classement dont la sanction ultime serait une atteinte à la liberté d’expression, l’Europe « longtemps exemplaire en matière de liberté de la presse » selon RSF, régresse. « Il est inquiétant de constater que des démocraties européennes comme la France (43e sur 175), l'Italie ou la Slovaquie continuent, année après année, de perdre des places dans le classement » alerte Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation. Au regard des autres continents, il est important de constater que l’Europe accuse un retard important, notamment devant la nette ascension des Etats-Unis qui font désormais partie des 20 pays où la liberté de la presse semble la plus respectée.


Hadopire que tout

Parmi les critères pris en compte par RSF pour établir son classement, figure « Internet et les
nouveaux médias ». Et en apparence la loi controversée, Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) qui vient d’être adoptée au Parlement, aurait eu une grande incidence sur la rétrogradation française. En interdisant certaines pratiques coutumières comme l’interdiction de recevoir certaines informations via le web, l’adoption de la loi Hadoi est considérée comme « un projet qui présente des risques pour le droit d’accès à Internet, pourtant reconnu comme droit fondamental par le Parlement européen » précise RSF. Par ailleurs, l’association avait vivement critiqué l’inspiration de l’ancienne Ministre de la Culture, Christine Albanel, lors de la première proposition de loi arguant qu’elle faisait référence à « des méthodes de censures antérieures à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ».

 

Peer to pire excepté, d'autres caractéristiques retenus par RSF dans son classement traduisent la régression française. Les mises en cause, les placements en garde-à-vue et les perquisitions attestent de la pression des autorités dans les médias de l'hexagone. Alors que la France, par l'entremise du chef de l'Etat, se pare d'un drap éthique via l'instigation d' Etats Généraux de la Presse, ersatz d'Inquisition du journalisme au niveau international*, l'ingérence des autorités politiques sont tenus responsables de la dégradation de la liberté de la presse. Et RSF de relever, "comment dénoncer les violations commises dans le monde si l'on n'est pas irréprochable sur son territoire ?"

 

* L'édification des « Etats Généraux de la Presse Ecrite », lancée le 2 octobre 2008, s'est en partie appuyée sur la situation de la presse à l'étranger pour dégager « un appel à la vigilance » en France, notamment sur des pratiques jugées « déviantes » qui ont trait au journalisme Internet.

 

Publié dans Médias

Commenter cet article