Identité nationale: Une synthèse sans thèse ?

Publié le par Anthony Lieures

EricBessonParis20091028Son intervention était très attendue. Éric Besson a livré, lundi, une première synthèse du débat sur l'identité nationale engagé le 2 novembre dernier. Le ministre de l'intérieur et de l'immigration nationale s'est surtout défendu des critiques dirigées à son encontre. Ces dernières semaines, les discussions ont, en effet, souvent dérivé vers les problématiques de l'immigration et de l'intégration des étrangers engendrant de nombreuses dérives verbales. Incontrolées.

 

«Le premier bilan de ce débat est très encourageant: c'est un immense succès populaire » s'est félicité d'emblée le ministre devant les journalistes français et étrangers. Des cinquante mille contributions comptabilisées aujourd'hui, Éric Besson en retient que la France doit «faire vivre les valeurs et principes républicains, revaloriser le civisme. Les discussions montrent , par ailleurs, que les Français souhaitent que le pays aient un prestige international et s'ouvre sur l'Europe et le monde». Et concernant le problème de l'intégration, «les participants souhaitent que les nouveaux arrivants connaissent la langue française et les valeurs de la république». Le thème, brûlant, a été le déclencheur des polémiques des dernières semaines.

 

«Dix millions qu'on paye à rien foutre»

 

«La caricature selon laquelle le débat s'est muté en défouloir raciste n'a pas fonctionné. Les dérapages sont très isolés» répond le ministre aux critiques. Pourtant, avec l'analyse des contributions effectuée par l'INSEE, les statistiques sont claires: les récits portant sur ce thème représentent 27% des témoignages et encore ce chiffre ne prend pas en compte les très nombreux messages qui ont été censurés (15% du total) par les modérateurs sur le site du ministère.

Mais certains témoignages ont été mis, au contraire, en pleine lumière. Bien gênant pour les défenseurs du débat. Comme celui d'André Valentin, maire UMP de Gussainville (Meuse) dans le journal de 20 heures de France 2, le 1er décembre. «On va se faire bouffer. Ils sont déjà dix millions. Dix millions qu'on paye à rien foutre». Cette fois-ci, pas de possibilité de censure. Et des arguments pour une bonne partie de l'opposition qui explique que le débat n'a été lancé qu'en vu des futures échéances électorales. Sans grande réserves de voix, l'UMP chercherait-elle une occasion de récupérer les voix de l'extrême droite?

 

Ce dont on est sur aujourd'hui, d'ailleurs, c'est que ce débat n'aboutira à aucun projet de loi. «Nicolas Sarkozy et Francois Fillon trancheront à la fin du débat et après que de nouveaux points aient été faits avec l'ensemble des ministres. Ils décideront de la suite à donner à ces discussions et de leur traduction à donner.» Pour en tirer des conclusions, Jeannot devra donc repasser.

 

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