Dubaï : la fin d’un Eldorado ?

Publié le par Maxime RAYNAUD


Dubaï en crise. L’annonce, lundi matin, du rééchelonnement de Dubaï World et Nakheel, deux de ses principaux groupes, a eu l’effet d’une bombe. Plusieurs bourses, Tokyo, Athènes et d’autres, en ont même tremblé. Au point même que certains prédisent déjà  une rechute de l’économie mondiale quand d’autres se félicitaient quelques heures auparavant d’un retour à la croissance.


A trop spéculer, les Emiratis ont connu le même sort que leurs homologues américains et flirtent désormais avec la banqueroute.


Et pourtant, il y a de ça tout juste un an, les pays du Golfe semblaient être en mesure de résister à n’importe quel raz-de-marée. Coincé dans un océan de désastre financier, Dubaï nous était ainsi présenté comme le seul eldorado digne du XXIème siècle, l’îlot préservé où prospérité et réussite étaient toujours possible. Projets pharaoniques – Burj Dubaï, plus grande tour du monde avec ses 818 mètres – ou extravagants – la station de ski en plein désert- rien ne semblait en mesure d’atteindre le petit émirat.


Et pourtant, aujourd’hui, le réveil est brutal et le tableau forcément peu reluisant. Chantiers à l’arrêt, investisseurs endettés, entreprises au point mort, il y aurait même presque comme un air de déjà vu, en Argentine ou dans certaines régions françaises par exemple. Inquiétant. A tel point qu’aux Emirats Arabes Unis, il se murmure que la page de la démesure est sur le point de se tourner.


Dubaï ne joue pas uniquement sur l’extravagance


Autant dire que, pour Dubaï, dont les principales ressources demeurent l’immobilier, le tourisme et le commerce international, ce serait une transformation majeure de son économie et de sa conception de la société.


En est-on réellement arrivé là ? C’est ce dont doute Philippe Dauba-Pantanacce, économiste chez Standard Chantered, à Dubaï :


« Ce serait oublier l'avantage que lui donne sa situation géographique au centre d'un immense bassin de population allant de l'Inde à l'Afrique. L'émirat repose aussi sur l'économie bien réelle de son port d'échanges de conteneurs de Djebel Ali, troisième mondial, et de son aéroport, classé sixième ».


Une donnée que beaucoup semblent oublier à l’heure de crier faillite.


Et si, finalement, un an après s’être émerveillés à outrance sur sa résistance face à la crise, nous faisions la même erreur pour prédire à l’émirat une chute vertigineuse ? Ne serait-ce que pour se satisfaire de notre propre capacité à se relever…

Publié dans Economie

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