Berlusconi : deux dents en moins, un héros en plus

Publié le par Maxime Raynaud

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Pas besoin de passer par la Star Academy, ni d'exhiber son intimité à une heure de grande audience pour devenir le nouvel « Italian Hero ». Jeannot vous dévoile comment passer d'une décennie de suivie psychiatrique à la une des médias. Attention, exemple à ne pas suivre.

 

Il s'appelle Massimo. Massimo Tartaglia. Et, depuis dimanche, cet Italien compte la bagatelle ahurissante de 80 000 fans sur Facebook. Tony Musulin, le convoyeur français ayant dérobé près de 11 millions d'euros le mois dernier, en serait presque jaloux avec ses 7 650 adorateurs. 


Règle numéro un

 

Se procurer une figurine massive. Et en résine de préférence. Choisir si possible une reproduction à échelle réduite d'un monument arborant des centaines de flèches métalliques. Massimo, lui, avait jeté son dévolu sur une statuette reproduisant la magnifique cathédrale de Milan, Duomo di Milano, et ses...136 flèches. Rien que ça.

 

Règle numéro deux

 

Attendre le moment propice pour mettre en action son plan. Et, par exemple, le bain de foule d'une personnalité politique de premier plan. Le choix de Massimo : la sortie d'un meeting politique de Silvio Berlusconi, chef du conseil italien, leader de Forza Italia – premier parti politique de la Botte –, propriétaire des principaux médias du pays et magnat de l'immobilier à ses heures perdus.

 

Accessoirement, Il Cavaliere est aussi un de ses hommes politiques abonnés aux frasques sexuelles ou verbales, limite fachisantes. Bref, une proie de choix. A côté, Chirac, victime d'une tentative d'attentat lors du défilé du 14 juillet 2002 par un certain Maxime (tiens, tiens) Brunerie, passerait presque pour un enfant de choeur.

 

Règle numéro trois

 

La plus importante de toute, ne pas manquer sa cible. Autrement dit, savoir viser. Massimo, lui, a réussi la prouesse de passer au travers d'une forêt de bras surexcités avant de toucher au but. Un nez fracturé, deux dents (ou plutôt prothèses dentaires) explosées et une lèvre fendue plus loin, Massimo avait tout de la nouvelle Italian Idol. Ce qui explique que le service d'ordre s'employa ensuite à l'extraire telle une rock star.

 

Règle numéro quatre

 

Présenter des excuses publiques à la manière d'un Thierry Henry et écrire une lettre à sa victime dans laquelle on décrit son geste comme « superficiel, lâche et inconsidéré ». Le tout pour finalement échapper à la prison en raison d'un passif psychiatrique. Il est vraiment fort ce Massimo Tartaglia. Il fait même un geste pour l'emploi : il vient de relancer à lui seul la fabrication de poupées à Naples. Poupées à l'effigie de sa victime, cela va sans dire...

 

Publié dans International

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